Concours d’agrégation

13 04 2008

Tandis que se poursuivent les épreuves pour les publicistes, s’ouvre le premier (comme le second d’ailleurs) concours d’agrégation de droit privé et sciences criminelles. Avant d’approfondir ultérieurement ce beau sujet, je ne peux dans l’immédiat qu’inciter les docteurs motivés à s’inscrire : au-delà de l’agrégation même qui représente à l’évidence un formidable accélérateur de carrière, les épreuves du concours et leur préparation, même lorsqu’elles n’aboutissent pas au succès espéré, forment un apprentissage exceptionnel de l’enseignement universitaire.

En guise de préliminaire, je souhaite juste apporter un tempérament à la critique récurrente sur la domination excessive des universités parisiennes, et plus précisément de Paris 1 et Paris 2, dont les succès sont tels qu’ils en deviennent, pour certains, presque suspects. Il me semble que c’est avant tout le critère de rattachement, à savoir uniquement l’université de soutenance de la thèse, qui s’avère discutable. Prenons le cas d’un candidat formé dans une faculté de province jusqu’en maîtrise (ou master 1), voire jusqu’en DEA (ou master 2), qui préfère parfois faire diriger sa thèse par un professeur parisien réputé et qui soutiendra donc sa thèse à Paris. Outre sa formation de base, ses recherches auront certes été effectuées dans sa faculté de province où il aura souvent été nommé assistant et dans le meilleur des cas maître de conférences. Il se sera préparé à l’agrégation, au moins pour une bonne part, auprès des agrégés de sa faculté provinciale. Peu importe, puisque sa thèse est parisienne, il s’agit d’un parisien et les statistiques ignoreront tout autre rattachement. Ma faculté en offre une démonstration spectaculaire puisque les listes publiées ne recèlent aucun agrégé rennais lors des trois précédents concours de droit privé. Et pourtant…  Lors du dernier concours, l’heureux admis qui a choisi Rennes ne l’a pas fait au hasard puisqu’il y avait été formé jusqu’en maîtrise. Les résultats de l’avant-dernier concours furent accueillis à Rennes avec une certaine fierté puisque deux de nos maîtres de conférences étaient reçus, dont l’un avait suivi tout son cursus à Rennes mais avec une thèse dirigée par un professeur parisien et soutenue à Paris. En 2003, point d’agrégé rennais donc, mais le deuxième du concours avait été initié au droit à Rennes, jusqu’en maîtrise. Dans nos murs, les enseignants rennais osent revendiquer une petite part dans ces quatre succès. Mais hors nos murs, Rennes n’y est pour rien puisque ce sont trois admis de Paris 2 et un admis de Paris 1. Pour ne pas être mal compris, je rappelle que ces deux grandes universités parisiennes forment évidemment beaucoup d’agrégés, et je suis d’ailleurs l’un d’eux, qui ont été formés exclusivement par leurs soins. Mais pour d’autres reçus, il serait convenable et conforme à l’intérêt du concours de partager les mérites et je sais, car j’en ai eu des témoignages, que les professeurs parisiens le souhaitent autant que les autres.


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26 réponses

14 04 2008
fluctuat nec mergitur

Monsieur le Professeur,
Je n’aurais pas dit les choses de meilleure façon. J’irais même plus loin que vous, les universités d’origine ont une part prépondérante dans le résultat final. Elles accueillent des étudiants néophytes dans la matière juridique, les initie, font mûrir un esprit d’analyse. En d’autres termes, elles donnent aux apprentis juristes que nous sommes les bases qui nous serviront pour la suite de la carrière que nous entendons suivre. Pour avoir moi même fait deux masters dans deux universités différentes de mon université d’origine, j’ai pu constater que les profils étaient assez marqués selon les facultés d’où nous venions. Ce brassage créait une saine émulation et l’on constatait d’ailleurs que des universités dites de périphérie formaient de redoutables juristes. Je ne suis donc pas étonné de constater que tel ou tel agrégé ait fait ses premières armes à Rennes.
Mais la France est un pays de tradition centralisatrice d’un millénaire. Nous avons besoin d’un référend dans tous les domaines. L’université n’échappe pas à cet état de fait mais ce qui est bien dans notre système, c’est que les professeurs passent par le même filtre de l’agrégation. Ainsi, toutes les facultés de droit possèdent des professeurs de droit du plus haut niveau.
Ainsi, en 2005 un palois pur souche de niveau exceptionnel a été agrégé, en 2003 un niçois internationaliste a fini aux premières places tout comme à l’agrégation de droit public de 2000. Et comment oublier qu’il y a 10 ans, le major de droit public venait de Pau aussi. Ce ne sont que quelques exemples qui me viennent à l’esprit mais ils ne sont pas des cas d’école, je pourrais en citer beaucoup d’autres.
Si les parisiennes ou les “grandes facs” de province ont un grand nombre d’agrégés, c’est aussi parce qu’elles selectionnent les meilleurs étudiants de toute la France. Ce serait cependant réducteur de ne limiter leur succès à ce seul élément tant les formations et les professeurs qui y officient sont de qualité. Mais il est tout aussi réducteur de considérer que les facultés d’origine y sont pour peu de choses. Je vous rejoins entièrement sur tous ces points.
Ces débats stériles sur les ccontestations sur les résultats de l’agrégation sont des marronniers qui contribuent davantage à discréditer un système qui fonctionne très bien parce qu’il fournit des professeurs au niveau scientifique reconnu dans le monde. Et nous, étudiants en sommes les premiers bénéficiaires.
Respectueusement

14 04 2008
fluctuat nec mergitur

Ps: Veuillez excuser certaines tournures de phrases parfois douteuses aisnsi ques photes de grammaire qui peuvent apparaître au détour d’une phrase. Je ne relis jamais mes messages…

15 04 2008
fluctuat nec mergitur

Vous aurez bien évidemment compris “faute”. Je n’écrirais plus de messages pendant la pause publicité d’une de mes séries télé préférées… ;-)
J’ai encore cogité de mon côté et je me suis interrogé sur le besoin que ressente les meilleurs éléments d’aller faire leurs recherches dans d’autres universités allant jusqu’à changer de ville et même de région.
On peut reconnaître que toutes les facultés ne sont égales. Les plus petites pâtissent de leur taille et il peut être compréhensible de voir les meilleurs “s’exiler” dans des structures plus propices à un travail de recheche.
Tel n’est cependant pas le cas d’une faculté comme celle de Rennes qui propose un cadre de travail idéal.
Je vais donc essayer d’apporter ma modeste contribution du haut de mon statut de “petit” étudiant.
Nous avions précédemment parlé de l’ENM et des formations diplomantes de qualité à Rennes 1. Celle université n’a donc aucun problème pour former des étudiants à la magistrature ou à la pratique (avocats, juristes d’entreprises, fiscalistes…). Pourquoi donc ce “déficit” pour la formation des agrégés? Cette question est à nuancer puisque nous nous accordons sur le fait que Rennes a son mérite dans la formation jusqu’en maîtrise. La question est de retenir les meilleurs.
A mon sens, Rennes possède tous les atouts pour relever ce défi et très rapidement même. Votre université possède un diplome qui réunit chaque année un groupe d’étudiants de haut niveau: le DJCE. Pourquoi ne pas faire de ce master une anti-chambre pour la poursuite d’études doctorales. Ceux-ci sont identifiés. Il resterait à faire un peu de “prosélytisme” auprès d’eux pour les inciter à s’inscrire ensuite en Master recherche en vue d’études doctorales.
Bien sûr, de bons éléments sont dans d’autres diplomes… Plus généralement, il serait peut-être envisageable de repérer les meilleurs etudiants qui ne se sont pas préalablement inscrits en DEA et tenter de faire naître des vocations.
Cette idée m’est venue en constatant que un certain nombre d’agrégés de Montpellier avait un cursus analogue: DJCE puis Master droit des contrats d’affaires. Rennes pourrait s’insprirer de cela…
Il faut engager une dynamique qui permettra de perpétuer le mouvement. Rennes a tous les atouts en main. Des centres de recherches de qualités, des professeurs du plus haut niveau. On pense notamment à la fameuse “école de Rennes” en droit des sociétés avec le Professeur Pailluseau. Il y a donc une histoire et un vrai mouvement de pensée chez vous. Votre faculté gagnerait donc à organiser des rencontres avec les meilleurs éléments en masters pro pour leur donner envie de perpétuer la recherche à Rennes.
Paradoxalement, Rennes est mieux loti que beaucoup d’universités franciliennes qui subissent de plein fouet l’effet attracteur des deux Parisiennes. Cela n’empêche pas Nanterre d’avoir de bons résultats à l’agrégation tous les ans parce qu’ils ont réussi le pari de créer ces conditions propices à attirer les meilleurs de l’extérieur tout en gardant leurs meilleurs éléments. Entendons nous bien, je ne dis pas que Rennes ne forme pas de professeurs! lol J’essaie juste de voir commenton pouurait retenir les meilleurs.
Respectueusement

27 04 2008
edouard verny

Le dernier commentaire de “Fluctuat” appelle deux réponses franches à défaut d’être diplomatiques.
En premier lieu, il faut avouer que peu d’universités disposent de professeurs de grand renom dans toutes les spécialités composant le droit privé et les sciences criminelles. Dès lors, certains étudiants prometteurs se tournent inévitablement vers des directeurs de thèse extérieurs en pensant, à tort ou à raison, bénéficier non seulement de leur savoir mais aussi de leur réputation.
En second lieu, les diplômés des Masters à finalité professionnelle peuvent en effet s’inscrire en thèse avec l’autorisation de leur Ecole doctorale. Mais il est difficile pour une université d’être compétitive envers de jeunes commercialistes particulièrement convoités par le secteur privé. Il faut vraiment être passionné par l’enseignement et la recherche pour renoncer à des offres concrètes et attractives en connaissant les aléas d’une éventuelle carrière universitaire. A terme, la recherche en droit des affaires pourrait d’ailleurs en pâtir.

30 04 2008
fluctuat nec mergitur

Ce que vous décrivez donne la chaire de poule à plus d’un titre…
Je pensais qu’une université comme la vôtre était à l’abri de ce genre de “délocalisation”… Rennes dispose d’un corps professoral qui donne les gages d’une possible carrière universitaire. Il y a 3 publicistes rennais admissibles à l’agrégation de cette année.
Mais le phénomène que vous décriver concernant la difficulté de recruter des spécialistes dans toutes les matières ne pourrait il pas être attribué à une certaine “balkanisation” des facultés de droit? Ne pourrions nous pas envisager, à l’heure des PRES et autres fusions d’universités (Strasbourg, Aix…) de regrouper certaines facultés trop petites pour être assez efficaces en recherche et dans la formation?… L’afflux du corps professoral de ces établissements dans des structures plus importantes diminuerait la dilution de ce corps professoral et permettrait d’atteindre une taille critique à même de répondre à la pénurie que vous décrivez.
Sans vouloir manquer de respect à quiconque, on voit bien que la recherche la plus importante se fait dans les grandes universités. Non pas que les autres ne soient pas bonnes mais leur petite taille ne leur donne pas les mêmes moyens que d’autres. La communauté des juristes gagnerait à concentrer la “matière grise” dans des enceintes plus importantes. Mais ce n’est que mon opinion…
Pour la carrière universitaire, il est vrai que les sirènes du privé sont tentantes quand on voit les émoluments d’un enseignant-chercheur en formation… Revaloriser la carrière d’enseignants fait partie des revendications des universitaires mais à défaut, pourrait on imaginer des alternatives?
Par exemple, on pourrait généraliser ce qui se fait de façon confidentielle, à savoir permettre aux doctorants de poursuivre à mi temps une activité de conseil dans des cabinets leur assurant une rémunération intéressante tout en leur perettant de mettre un pied dans la pratique. J’ai eu ouïe dire que certains professeurs avaient opté pour cette solution et ça ne les a pas empêchés de briller à l’agrégation.
Quand on n’a pas d’argent, il faut essayer d’avoir des idées…;-)
Mais heureusement, il existe encore des étudiants passionnés qui se dévouent et qui deviennent de supers enseignants. Je reste optimiste pour l’avenir…
Respectueusement

1 05 2008
fluctuat nec mergitur

Au fait, j’oubliais mais j’imagine que je vais rien vous apprendre mais le Président du prochain concours d’agrégation de droit privé et de sciences criminelles est M. le Professeur Teyssié, un immense professeur à la rigueur irréprochable. Pour le second concours, c’est M. le Professeur Serlooten.
Bon courage aux futurs candidats. Ayant procédé à une petite recherche sur le panel des docteurs récents et des qualifiés aux deux dernières campagnes du CNU, je m’attends à un concours de grannnnnnnnde qualité.
Respectueusement

9 05 2008
fluctuat nec mergitur

Monsieur le Professeur,
J’ai pris connaissance de l’arrêté d’avril dernier et la rumeur dont vous faisiez état s’avère exacte: 80 postes (seulement…) ouvert au premier concours. Les aspirants magistrats vont devoir s’armer de courage et de ténacité pour les campagnes des années à venir…
Par ailleurs, je tiens à souligner qu’un nouveau blog très axé sur le droit pénal et l’actualité de la justice en général vient d’ouvrir et je fais de la pub à ce nouveau blogueur auteur d’une thèse remarquée en procédure:
http://lionelminiato.typepad.com/
Espérons que vos blogs connaitront les succès qu’ils méritent. Il faut persévérer, l’audience finit toujours par arriver.
Respectueusement

10 05 2008
edouard verny

Ceux qui suivent ces sujets de près auront en effet pris connaissance, ne serait-ce que par Fluctuat ici-même, de l’identité des présidents des jurys d’agrégation de droit privé et sciences criminelles. Depuis plusieurs semaines, les noms de ces prestigieux professeurs circulaient dans nos facultés. Des collègues sont sans doute déjà contactés pour participer à ces jurys et bien sûr, sauf contrainte impérieuse, ils accepteront de rendre ce service à notre communauté. Ils auront bien raison car cette charge est accaparante mais passionnante.
En ce qui concerne les concours d’accès à l’ENM, un arrêté du 23 avril (publié au J.O. le 27) fixe les nombres de places à 80 pour le premier concours, 19 pour le deuxième et 6 pour le troisième. Pour le premier concours, c’est bien ce qui était redouté. Mais cette diminution du nombre de places, assez spectaculaire depuis deux ans, ne profite pas aux autres concours. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle politique de recrutement mais bien, à l’évidence, de contraintes budgétaires. Dès lors, il faudrait que nos concitoyens fassent preuve d’un peu de pragmatisme et de civisme. A commencer par nos aînés. Je propose donc (c’est de l’humour, n’allez pas citer ce qui suit en opinion doctrinale !) que désormais les litiges entre personnes de plus de soixante ans ne se règlent plus dans les prétoires mais sur le pré d’honneur, à l’aube, épée à la main. Naturellement, ces homicides volontaires ne donneraient lieu à aucune poursuite puisqu’ils seraient justifiés par l’autorisation de la loi. Du même coup (d’épée) nos magistrats seraient soulagés d’une partie du contentieux qui les submerge et notre problème des retraites serait allégé. Bien sûr, si quelqu’un a une autre idée… Que ceux qui pensent qu’il est grand temps que je reprenne mes esprits se rassurent, la Pentecôte arrive !

11 06 2008
fluctuat nec mergitur

Bonjour tout le monde et spécialement à vous M. le Professeur,
Petite intervention pour “ranimer” le blog avec avec une information particulièrement importante: la composition du jury de l’agrégation de droit privé.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/personnel/enssup/2008arjur.pdf
Très beau jury!
Respctueusement

12 06 2008
mmenfin

quelle surprise !
une seule femme !
et deux seulement hors Paris !
On va encore dire que je mauvais-esprise…

14 06 2008
edouard verny

J’avoue avoir un peu négligé mon propre blog depuis une quinzaine de jours. Pour tout vous dire, j’étais plongé dans la rédaction de la 2e édition de mon Cours Dalloz de procédure pénale (du même coup, je vous donne une bonne excuse et me gratifie d’une petite pub).
Heureusement, “Fluctuat” a communiqué à mes lecteurs la composition du (très beau) jury d’agrégation. En tant que membre de “l’équipe sortante”, je mesure l’investissement et la discipline que représente cette responsabilité et je remercie ces collègues de l’avoir acceptée. J’observe que le président Teyssié a montré toute sa considération pour le droit pénal en faisant appel d’une part au professeur Jean-Christophe Saint-Pau et d’autre part à madame Dominique Guirimand, conseiller à la chambre criminelle (ce qui, chère “mmenfin”, me permet de constater que le jury comprend deux femmes). Cette prise en compte du droit pénal n’est d’ailleurs pas nouvelle, tous les jurys précédents comprenant un pénaliste.
Je sais bien que je n’arriverai pas à en convaincre les plus sceptiques mais je peux vous assurer que la compostion plus ou moins féminine ou plus ou moins provinciale du jury n’a aucune incidence sur le résultat du concours. Il faut aussi être concient d’une réalité : lorsque l’on vit en province, siéger dans ce concours consiste notamment à quitter sa famille, presque toutes les semaines et pendant neuf mois, du lundi soir au vendredi soir. C’est un engagement difficile à prendre pour un père de famille (et je sais de quoi je parle) mais c’est encore bien plus compliqué (et on peut regretter cette nuance) pour une mère de famille. Etre membre de ce jury n’est pas seulement un honneur mais aussi un sacrifice et je reviens à mon propos précédent en remerciant ces six collègues et ce haut magistat de rendre ce service à notre communauté.

14 06 2008
fluctuat nec mergitur

Cette considération pour le droit pénal s’explique peut-être aussi par les bons résultats des pénalistes au concours depuis quelques éditions (de mémoire 3 en 2007 et 2 ou 3 en 2005, et des reçus en 2001 et 2003 en bon rang en plus).
Je me souviens quand j’ai commencé mes études de droit que l’on disait que les pénalistes, les comparatistes et les spécialistes du droit du travail étaient les parents pauvres de l’agrégation. Je ne sais pas si cette assertion était vraie mais je constate que ceux-ci sont très bien représentés désormais. Qui plus est, nombre de spécialistes du droit social sont qualifiés par le CNU.
Pour ma part, en simple “bénéficiaire” du système (entendez par là un étudiant…), je me félicite que nos facultés élèvent au plus haut rang (professeurs, maîtres de conférences) des pénalistes. Des spécialistes de cette matière manquent cruellement et, toutes les facultés ne peuvent ouvrir des masters en sciences criminelles. Quand je vois certains formations de haut rang comme celle dirigée par Messieurs les Professeurs Maistre du Chambon et son élève Xavier Pin, je me dis qu’on n’a pas exploré toutes les potentialités ce champ disciplinaire en matière d’enseignement…
Tiens une proposition! Sur un blog de droit administratif très connu, les auteurs ont mis en ligne une liste exhaustive de toutes les formations en droit public, avec les liens internet. Cette rubrique connait un succès énorme auprès des étudiants et constitue une source d’informations et d’échanges (quels profs? quelles exigences?… )pour tous ceux qui ne savent pas encore dans quelles facs poser leur candidature. Pourquoi ne pas entreprendre de faire la même chose pour les formations de droit pénal? Cela serait assez utile pour tous et permettrait par ailleurs de faire connaitre votre master dont le corps professoral est très séduisant du reste.
Respectueusement

14 06 2008
fluctuat nec mergitur

Et puisqu’on y est, j’ai une petite question à vous poser en tant que Directeur d’un master recherche. Considérant que le bon praticien ne sera jamais aussi bon que s’il maitrise parfaitement la philosophie de la règle de droit, j’ai choisi de suivre mes enseignements de troisième cycle au sein de master recherche. Et je n’en suis pas déçu. J’ai eu d’ailleurs la chance de suivre les cours de pénalistes extraordinaires.
Mais, globalement, un master recherche, c’est un volume horaire allant de 150 à 200 heures maximum. J’entends souvent certains enseignants dire (et je pense à raison) que la dichotomie master recherche/professionnel est un peu surfaite. N’y aurait-il pas la possibilité, dans le cadre d’un master recherche de faire un peu des deux? Aux enseignements théoriques on pourrait penser d’y associer en fin d’année un enseignement pratique de 20 ou 25 heures basé sur des études de cas.
A mon sens, cette formule présente de nombreux intérêts. En effet, d’abord on ne sacrifie pas à la finalité première d’un master recherche qui est orienté d’abord vers l’aspect théorique que l’on conserve. Mais, le volume horaire restreint autorise le complément d’un tel enseignement pratique qui a deux vertus: d’une part elle permet aux étudiants de confronter la règle de droit toute l’année étudiée à un cas concret, d’autre part cela introduirait un peu de pratique pour une majorité d’étudiants qui ne se destineont pas à une carrière universitaire.
Et dans une perspective un peu plus pragmatique (entendez marketing…), on pourrait penser confier ces séances à des praticiens qui élaboreraient ces cas à partir de dossiers qu’ils ont eu à traiter et qu’ils seront à même d’expliquer. Et dans un souci de faire connaitre sa formation, il faudrait y impliquer plusieurs praticiens (ex: sur 100 séances de 2 heures chacune, confier 2 séances à chacun d’eux). De cette façon, l’étudiant est confronté à différentes méthodes de travail et ça permet de faire connaitre les étudiants à plusieurs avocats qui auront le réflexe (en tout cas je l’espère…) de ne pas négliger leur cv le jour de la recherche d’une collaboration…
Ce sont là certaines propositions d’un étudiant, mais je pense que ça peut être intéressant pour un enseignant de connaitre les impressions de ces derniers et le blog permet ces échanges.
Respectueusement

18 06 2008
edouard verny

En ce qui concerne tout d’abord le concours d’agrégation, qui ici ou là fait l’objet de critiques ou d’accusations souvent injustifiées, je souhaite juste faire une observation. En plus des très nombreuses heures passées à lire les travaux, préparer des questions, envisager des sujets puis proposer des corrigés, trois heures sont consacrées à chaque candidat ( dès lors qu’il est admissible) pour qu’il fasse ses preuves devant un jury dont l’attention lui est entièrement dédiée. Ce constat permet de mesurer le temps considérable accordé à chaque candidat et le sérieux de ce concours qui me semble pouvoir aisément supporter la comparaison avec beaucoup d’autres procédures de recrutement. J’avoue ne pas bien comprendre ceux qui préféreraient des formes de sélection plus expéditives. Pour autant, on peut parfaitement souhaiter certaines évolutions quant aux modalités de ce concours et nous aurons probablement l’opportunité d’échanger nos points de vue.
En ce qui concerne ensuite les deux derniers commentaires, je ne manquerai pas l’année prochaine de présenter les Masters dans lesquels j’exerce des responsabilités. Cette année, les candidatures sont désormais closes à Rennes. Juste un mot qui rejoint le propos de “Fluctuat” : notre master recherche de droit privé général comprend désormais trois parcours (droit privé fondamental/droit des affaires/droit pénal) avec des matières communes et d’autres, plus nombreuses, spécifiques à chaque parcours. Parmi les matières communes figure un séminaire transversal qui permettra de soumettre à des équipes composées de trois étudiants (un civiliste, un pénaliste et un commercialiste) un cas pratique mêlant des problèmes concernant ces trois disciplines. Ce séminaire un peu particulier s’ajoute à des cours plus académiques et, naturellement puisqu’il s’agit d’un master recherche, à la rédaction d’un mémoire. La recherche n’est en effet pas inconciliable avec la pratique.

18 06 2008
fluctuat nec mergitur

A croire que j’ai fait mes études à Rennes… Décidément, on voit “tout pareil” !
Cette association de trois étudiants de spécialités différentes est assez bien vue, elle permet à chacun de transmettre aux deux autres son savoir faire et impose d’apprendre à travailler en groupe avec des personnes qu’on ne connait pas. Y-a-t-il un seul cas pratique soumis à chaque groupe durant ce séminaire ou plusieurs?
Je reviens sur un des premiers messages que j’ai pu laisser sur votre blog: COMMUNIQUER !!!
C’est vraiment dommage de ne pas faire connaitre davantage les formations que vous proposez. Le DJCE a ceci de particulier qu’il bénificie de la marque DJCE connue et reconnue par les professionnels.
Quand je vois le magistere bilingue de droit des affaires avec le LLM d’Exeter en prime, je me dis qu’il gagnerait à être plus visible auprès des recruteurs dans la capitale.
Je tempère d’emblée mon propos en disant que Rennes 1 est une faculté de province assez représentée dans les cabinets. Mais on peut toujours faire plus et pour un coût relativement modique.
Déjà, généraliser à tous les masters pro la politique engagée par le master de fiscalité du Professeur Sérandour: partenariats avec de grands cabinets et entreprises, interventions de nombreux praticiens, organisation d’un colloque annuel par chaque master, et donc constitution d’une association pour chaque spécailité ou regroupement de certaines (la mutualisation a du bon). On peut en prime penser à l’édition de plaquette d’information sur format papier et informatique qui présenteraient les avantages et les spécificités de la formation en question. Je parle là de plaquettes un peu moins “officielles” que celles sur le site de la fac. Avec des rappels des réalisations des promotions dans le cadre de leur année d’études etc… Lesdites brochures seraient rééditées chaque année et envoyées par mail ou courrier aux responsables du recrutement des cabinets parisiens…
Des mmasters le font déjà et ça ne demande pas énormément de travail niveau logistique. Certains font encore mieux, le master de PLA de Paris 12 a mis en place une revue propre à la formation qui traite chaque mois de l’actualité de la matière. Cette formation est très reconnue par la profession.
Un dernier truc, participation aux divers concours juridiques inter universités, c’est une des mailleures façons de promouvoir ses formations. Mais à ce niveau là, je n’ai rien à dire à votre faculté, cette année vous avez obtenu des résultats remarquables (de mémoire, troisième prix du meilleure jurist d’affaire pour une DJCEiste et deuxième prix Landwell du meilleur projet juridique et fiscal…
Bref, ce sont des idées qui me paraissent importantes.
Cordialement

18 06 2008
fluctuat nec mergitur

Mea culpa,
Je viens de voir que bon nombre de manifestations scientifiques du centre de droit des affaires étaient organisées au niveau des masters et avec la collaboration des étudiants.
Je me suis fait “pincer” par mon inattention mais au moins ça montre que je ne suis pas totalement dans le faux dans les initiatives que j’appelle de mes voeux.
En revanche, pour le reste de mon dernier message, je maintiens qu’on peut faire encore plus dans la promotion des diplomes, ce ne sont que de modestes contributions…
Respectueusement

26 06 2008
fluctuat nec mergitur

Les résultats de l’agrégation de droit public sont tombés (j’y étais), 3 rennais docteurs de votre universités sont admis incluant le major de l’édition 2008!
Félicitations!

26 06 2008
edouard verny

Avec trois reçus au concours d’agrégation de droit public, la Faculté de droit de Rennes était en effet rayonnante cet après-midi. Le bonheur (teinté d’un soupçon de fierté) des thésards publicistes, réconfortés par ces succès, était communicatif.
Je peux vous dire que le major Gweltaz Eveillard a toujours été considéré chez nous, et au-delà même de la section de droit public, comme un juriste particulièrement talentueux. En outre, ses enseignements étaient spécialement appréciés par nos étudiants. Enfin, et même si je ne le connais pas très bien, je peux témoigner de sa profonde humilité.

27 06 2008
fluctuat nec mergitur

L’humilité qui caractérise les forces tranquilles. Bien que parisien, j’avoue avoir été assez content qu’un provincial ait été major et au delà, qu’un grand nombre de provinciaux aient été reçus. C’est toujours agréable de voir que la recherche scientifique est féconde sur tout le territoire.
Par ailleurs, concernant plus spécifiquement votre faculté, Rennes 1 se situe au niveau des grandes facultés de province que sont Aix et Montpellier (3 admis chacune). Il parait que Rennes 1 n’a pas proposé de poste cette année, c’est bien dommage. Souvent les agrégés de ces universités reviennent y enseigner après avoir été reçus au concours créant les conditions d’une émulation propice à perpétuer le mouvement. Il serait tellement bien pour une faculté de la qualité de Rennes 1 que les néo agrégés y revienent comme l’a fait le privatiste du dernier concours. Gageons que ces succès en appelleront d’autres dans le futur et que Rennes connaissent des succès constants tant en droit privé qu’en droit public.
Respectueusement

2 07 2008
fluctuat nec mergitur

Petite nouvelle en passant. Sur le site de l’ENM, j’y ai trouvé un projet de réforme du concours qui change pas mal la donne mais pas forcément dans le bon sens… La note de synthèse deviendrait une épreuve d’admission et serait affectée d’un coefficient de 4 (!) et non plus de 2…
Je sais pas ce que vous en pensez mais il est gran’temps que la réforme devienne définitive.
http://www.enm.justice.fr//site_reforme/reforme_modifs_ca.php

2 07 2008
Anonyme

Petite précision/message 17:18:43

C’est le Master II Droit fiscal des affaires de Rennes et non le DJCE qui est arrivé 2e au Landwell Award en 2008 et finaliste du Trophée du meilleur jeune Fiscaliste du Cabinet Ernst, comme depuis 4 ans.

2 07 2008
fluctuat nec mergitur

Au temps pour moi… Ceci dit ces deux formations sont de très haut niveau. A mon sens le master droit fiscal est l’un des 5 meilleurs de france et le djce est au niveau de ceux de Paris 2, Montpellier et Nancy.

2 07 2008
Anonyme

message 19:0045

Selon le magazine Capital, le M 2 DFA Rennes est 4e parmi les M 2 Droit fiscal des affaires

2 07 2008
fluctuat nec mergitur

Pouvez vous me donner le lien internet si l’info est sur le net?
Voyez comme je suis objectif…;-) S’il n’y a pas de site internet, pouvez vous me donner le classement? S’il est crédible, on devrait retrouver dans les premières places les masters de Paris 2 (droit fiscal, selon moi le meilleur et fisca internationale), celui de paris 9.

9 07 2008
fluctuat nec mergitur

Monsieur le Professeur,
Voici le lien vers le rapport de la Commission Schwartz:
http://www.snesup.fr/navigation/general/page.php?ndoc=3524
J’avoue ne pas avoir lu le détail mais il semble à première vue que ladite commission prend acte de l’attachement de la communauté universitaire au recrutement par voie d’agrégation. La volonté des membres est de rendre plus objectif le concours ntamment en préconisant le déport d’un membre lorsque l’un de ses docteurs se présente à une HDR ou à l’agrégation, ce qui semble relever du bon sens.
Respectueusement

9 07 2008
fluctuat nec mergitur

On touche pas à l’agrégation. OUFFFFF!!!!!!!

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