Concours d’agrégation
13 04 2008Tandis que se poursuivent les épreuves pour les publicistes, s’ouvre le premier (comme le second d’ailleurs) concours d’agrégation de droit privé et sciences criminelles. Avant d’approfondir ultérieurement ce beau sujet, je ne peux dans l’immédiat qu’inciter les docteurs motivés à s’inscrire : au-delà de l’agrégation même qui représente à l’évidence un formidable accélérateur de carrière, les épreuves du concours et leur préparation, même lorsqu’elles n’aboutissent pas au succès espéré, forment un apprentissage exceptionnel de l’enseignement universitaire.
En guise de préliminaire, je souhaite juste apporter un tempérament à la critique récurrente sur la domination excessive des universités parisiennes, et plus précisément de Paris 1 et Paris 2, dont les succès sont tels qu’ils en deviennent, pour certains, presque suspects. Il me semble que c’est avant tout le critère de rattachement, à savoir uniquement l’université de soutenance de la thèse, qui s’avère discutable. Prenons le cas d’un candidat formé dans une faculté de province jusqu’en maîtrise (ou master 1), voire jusqu’en DEA (ou master 2), qui préfère parfois faire diriger sa thèse par un professeur parisien réputé et qui soutiendra donc sa thèse à Paris. Outre sa formation de base, ses recherches auront certes été effectuées dans sa faculté de province où il aura souvent été nommé assistant et dans le meilleur des cas maître de conférences. Il se sera préparé à l’agrégation, au moins pour une bonne part, auprès des agrégés de sa faculté provinciale. Peu importe, puisque sa thèse est parisienne, il s’agit d’un parisien et les statistiques ignoreront tout autre rattachement. Ma faculté en offre une démonstration spectaculaire puisque les listes publiées ne recèlent aucun agrégé rennais lors des trois précédents concours de droit privé. Et pourtant… Lors du dernier concours, l’heureux admis qui a choisi Rennes ne l’a pas fait au hasard puisqu’il y avait été formé jusqu’en maîtrise. Les résultats de l’avant-dernier concours furent accueillis à Rennes avec une certaine fierté puisque deux de nos maîtres de conférences étaient reçus, dont l’un avait suivi tout son cursus à Rennes mais avec une thèse dirigée par un professeur parisien et soutenue à Paris. En 2003, point d’agrégé rennais donc, mais le deuxième du concours avait été initié au droit à Rennes, jusqu’en maîtrise. Dans nos murs, les enseignants rennais osent revendiquer une petite part dans ces quatre succès. Mais hors nos murs, Rennes n’y est pour rien puisque ce sont trois admis de Paris 2 et un admis de Paris 1. Pour ne pas être mal compris, je rappelle que ces deux grandes universités parisiennes forment évidemment beaucoup d’agrégés, et je suis d’ailleurs l’un d’eux, qui ont été formés exclusivement par leurs soins. Mais pour d’autres reçus, il serait convenable et conforme à l’intérêt du concours de partager les mérites et je sais, car j’en ai eu des témoignages, que les professeurs parisiens le souhaitent autant que les autres.
Tags:agrégation
Catégories : Facultés de droit, agrégation, thèse
Commentaires récents